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Sep 25 · 9 min read
Cette série d’interviews a pour seul but d’imaginer ensemble l’entreprise idéale telle quelle pourrait être. Nous tentons de prendre en compte toutes les dimensions de l’entreprise et sa fonction au sein de notre société.
Aujourd’hui, Laurent Tauriac se prête au jeu. Laurent est un constructeur de ponts. Entre la finance et l’humain. Entre la direction et les opérations. Entre le jeu et le plan d’actions. Entre les humains et les cultures. Il est également Directeur Général-Associé de 8Performance Sarl.
J’espère que vous prendrez plaisir à découvrir cette interview !
Valdie Legrand : Bonjour Laurent. Pourrais-tu nous parler de toi en quelques mots.
Laurent Tauriac : Bonjour Valdie. En quelques mots, je suis ce qu’on nomme aujourd’hui un nomade. A la fois un nomade numérique et un nomade chevaleresque.
Nomade car que ce soit dans mon parcours universitaire ou dans mon parcours professionnel, j’ai besoin de bouger.
Et chevaleresque parce que j’ai toujours à cœur d’aider ma communauté, mon entourage.
VL : Dans le passé, tu as été employé, aujourd’hui, tu es indépendant. Qu’est-ce qui t’a conduit à faire ce changement dans ta carrière ?
LT : C’est tout d’abord un licenciement car j’ai dû m’adapter à une nouvelle situation. Certes je suis indépendant, mais surtout créateur d’une SARL.
C’est important car je veux que tout ce que je crée perdure après moi.
Et j’ai envie de créer une communauté, un groupe de personnes qui partagent les mêmes valeurs et une certaine vision.
VL : Tu parles d’une mission qui aille au-delà de ta personne ?
LT : Oui, en fait, c’est le côté chevaleresque qui ressort. On appelle cela le voyage du héros. Le héros a des missions et il rencontre sur son trajet des personnes qui adhèrent à sa cause, et puis des personnes qui essayent de l’empêcher d’atteindre son objectif. Au final, le héros a toujours pour vocation d’apporter quelque chose à l’ensemble de la société.
C’est cet esprit-là que je souhaite développer dans mon entreprise.
Ainsi ma société est très tournée vers le développement durable et en tout cas vers l’économie sociale et solidaire.
VL : Tu parles de reconfigurer ta société. Tu peux nous rappeler ton activité en deux mots ?
LT : Mon activité première c’est la direction financière. Il s’agit donc d’anticiper et prévoir l’avenir, réaliser ses plans d’actions ou des plans de réorganisation dans les entreprises. C’est très lié à des budgets, à des prévisions de marges, à des prévisions de résultats de fin d’année.
En réalité, cela consiste à essayer de donner la meilleure vision possible de la situation de l’entreprise aux dirigeants et aux différents partenaires.
Quand je parle de situation, il y a celle qui est économique bien évidemment, mais il y a aussi celle liés au bien-être au travail, à l’implication des salariés et à leur motivation.
VL : Ce que j’entends, c’est que tu es au début de la création de cette entreprise, et tu la crées selon ta propre vision en intégrant la conscience de parcours du héros et la volonté de favoriser l’économie sociale solidaire. Cela paraît étrange quand on crée une activité liée à la finance !
Effectivement, c’est une création liée au développement et surtout à l’apport de valeurs durables. Mon métier, c’est une meilleure gestion des ressources, peu importe qu’elles soient financières ou humaines. C’est une mise en cohérence de l’ensemble.
Comme je dis souvent : si on veut faire du chiffre d’affaires, il faut investir. Il faut investir dans le marketing ou dans les commerciaux ou la publicité. Donc mon premier travail c’est aussi d’apporter de la marge de manœuvre aux personnes qui m’entourent. Donc, je suis dans la gestion de ressources et la gestion de marge de manœuvre.
VL: Est-ce que l’entreprise idéale de demain permettrait à tout le monde, employeurs, employés, indépendants, d’avoir plus de marge de manœuvre au quotidien ?
LT : Oui, effectivement, la marge de manœuvre passe aussi par ce qu’on appelle la gouvernance partagée. On prend souvent l’exemple du bateau. On est tous dans le même bateau qui va lever les voiles et à un moment donné, ce que je fais dans mon poste aura des conséquences sur le travail du voisin, et donc je ne peux pas raisonner tout seul. Quand je raisonne tout seul, je raisonne avec mes biais psychologiques, cognitifs, avec mes croyances et mes freins.
Grâce à l’intelligence collective, on va essayer ensemble de packager une réflexion qui soit commune. Et qui soit plus un moteur qu’un frein.
VL : Si tu pouvais imaginer une organisation idéale, Comment serait-elle ?
L’organisation idéale est basée sur le respect, l’écoute et l’entraide.
Ces notions sont fondamentales dans ma vie. L’organisation au travail ne doit pas être tellement différente de l’organisation personnelle finalement.
On vit en société, donc on vit avec les autres. A un moment donné, si on veut développer un projet commun, il faut se mettre d’accord sur les règles. Et quand on définit des règles, tout le monde doit avoir le droit à la parole.
VL : Justement, comment imagines-tu le management dans cette entreprise ?
LT : Pour moi le management est surtout dans le respect et dans le fait de vouloir partager une vision commune, mais aussi des actions communes. Je crois beaucoup à la prise de conscience. C’est-à-dire faire les choses, non pas parce qu’on nous le dit mais parce qu’on a pris conscience que si on ne les fait pas notre marge de manœuvre sera réduite par la suite.
Le management, pour moi, est surtout au partage d’une vision, et à œuvrer ensemble.
VL : Qui définit la vision dans cette entreprise idéale, est-ce qu’elle vient uniquement de la direction ?
LT : Cette vision doit venir de l’ensemble. Il est vrai que certaines personnes sont plus visionnaires que d’autres. Parfois l’avenir, ou en tout cas la vision de l’avenir, fait peur aux gens. Certaines personnes se contentent seulement de ce qu’on leur dit et raisonnent à trois jours tandis que d’autres vont avoir une vision à plus long terme parce que ça ne leur fait pas peur.
Il faut aussi avoir confiance en l’avenir. D’une certaine façon, plus on a confiance et plus on voit loin.
VL : Es-tu d’accord sur le fait qu’aujourd’hui l’argent soit la ressource de l’entreprise ? Et qu’est-ce que ce sera le cas demain ?
LT : Oui pour moi l’argent est une ressource de l’entreprise. Ce n’est pas l’unique ressource, mais c’est la ressource qui permet de mesurer. Et tout ce que l’on fait dans l’entreprise doit pouvoir être mesuré.
Ce qui n’est pas mesurable n’a pas de valeur.
Pensons au bien-être au travail : comment on le mesure ? Ensuite, la valeur centrale dans une organisation, pour moi, c’est l’humain. Mais l’humain c’est un peu comme les clients. C’est-à-dire que l’on n’a pas forcément l’humain, on a DES humains. Donc il faut aussi connaître les personnes qui nous entourent pour savoir aussi comment gérer ces personnes, et finalement les ressources qu’elles ont. Et comment ces ressources peuvent se mettre au profit de l’objectif de l’entreprise, ou de l’organisation.
VL : Est-ce que tu intègres des KPIs liés au bien-être au sein de ton organisation ?
LT : Aujourd’hui dans mon organisation je n’en ai pas. La mesure de mon organisation, c’est mon agenda, c’est-à-dire que c’est le nombre de rendez-vous que j’ai. Car c’est ça qui me fait plaisir aujourd’hui. Combien j’ai eu de rendez-vous réseau ? Combien de fois j’ai pu expliquer mes valeurs ? Combien de fois j’ai pu aider ma communauté ? Qu’est-ce que j’ai fait pour quelqu’un d’autre que moi ?
VL : Parlons à présent d’apprentissage. De quelles nouvelles compétences aurons besoin les entreprises idéales à l’avenir ?
LT : On parle beaucoup de l’écoute.
L’écoute pour mettre en sourdine son ego. Car lorsqu’on écoute, on est centré sur l’autre.
Ensuite c’est la curiosité. C’est-à-dire essayer de savoir ce qui se cache derrière une façade, ou en tout cas derrière le discours. Il faut aller creuser un peu dans ce que dit l’autre. On dit que
la sagesse c’est le fait de transpercer les apparences.
Et puis, la troisième qui va beaucoup nous servir à l’avenir, c’est la résilience.
On est dans un monde qui est assez violent et qui sera de plus en plus violent par rapport aux ressources naturelles.
VL : Est-ce que tu penses que les limites des ressources naturelles pourraient impacter les entreprises ?
LT : Oui parce que les entreprises font partie du monde. On a qu’une seule terre. Que je sois dans une entreprise, ou dans une ONG, ou chez moi dans mon cocon. Tout est en interaction.
VL : L’entreprise idéale est-elle intégrée différemment dans notre société ?
LT : Oui, l’entreprise se doit effectivement aujourd’hui de prendre soin de ce qui la compose. Donc, de ses hommes et de ses femmes.
On va de plus en plus vers une intégration, que ce soit de l’environnement au niveau écologique, mais aussi l’environnement humain. Jusqu’à présent on disait : quand tu arrives au travail il faut oublier tes soucis personnels, et ce qui compte, c’est le travail. Aujourd’hui on n’est plus là-dedans. Pour moi vie personnelle et vie professionnelle ne sont qu’une seule vie.
Par-contre, est-ce que l’on a envie de se montrer tel que l’on est ? C’est un choix qui nous revient.
VL : Est-ce que tu aurais voulu que je te pose une question supplémentaire ?
LT : J’ai lu récemment qu’il fallait investir 20 % de son temps dans l’apprentissage pour rester connecté au monde qui nous entoure, mais aussi pour pouvoir s’adapter à l’environnement. Ce n’est pas seulement une question de chiffre d’affaires, puisqu’un apprentissage peut utiliser les ressources internes. Il est important de créer une organisation apprenante où il y a davantage un partage de compétences internes que des formateurs externes qui peuvent être chers.
VL : Trois hashtags pour résumer l’entreprise de demain ?
#Respect #ProximitéRelationnelle #Résilience
Merci Laurent et à bientôt !